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Le « droit à la déconnexion totale » inclut-il la suppression des accès serveurs après 18h ?

Cadre juridique du droit à la déconnexion : ce que dit la loi

En France, le droit à la déconnexion est encadré par l’article L. 2242-17 du Code du travail, issu de la loi Travail (2016) et renforcé par les accords nationaux interprofessionnels (ANI). Ce droit vise à protéger les salariés contre l’hyperconnexion, en leur garantissant un équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

Cependant, la loi ne précise pas explicitement si ce droit implique une coupure technique des accès serveurs (emails, VPN, outils collaboratifs) en dehors des horaires de travail. Elle impose plutôt aux entreprises de :
Négocier des modalités de déconnexion (via accord d’entreprise ou charte).
Former les managers à respecter ce droit.
Éviter les sollicitations hors horaires (sauf urgence justifiée).

Point clé : Le droit à la déconnexion est un principe de prévention, pas une obligation de blocage systématique.


La suppression des accès serveurs : une interprétation radicale mais possible

Certaines entreprises vont au-delà des obligations légales en désactivant les accès distants (VPN, boîtes mail, Slack, Teams) après 18h ou le week-end. Cette approche, bien que non obligatoire, présente des avantages et des risques.

Avantages pour l’entreprise et les salariés

Réduction du risque de burn-out : Limiter l’accès aux outils professionnels force une vraie déconnexion psychologique.
Conformité renforcée : Anticipe les évolutions législatives (ex. : projet de loi sur le droit à la déconnexion totale en discussion en Europe).
Image employeur responsable : Un argument pour attirer des talents en quête d’équilibre vie pro/vie perso.
Sécurité informatique : Réduit les risques de cyberattaques en limitant les connexions hors horaires.

Risques et limites

Flexibilité réduite : Les salariés en télétravail ou en décalage horaire (ex. : équipes internationales) peuvent être pénalisés.
Urgences non gérées : Certains secteurs (santé, IT, maintenance) nécessitent une disponibilité permanente.
Contournement des règles : Les employés peuvent utiliser des comptes personnels ou des outils non officiels (WhatsApp, emails perso).
Coût technique : Mettre en place des restrictions horaires automatisées (via Active Directory, MDM) demande une infrastructure adaptée.

Exemple concret :
En 2023, Dassault Systèmes a testé la coupure des emails après 19h pour 5 000 employés. Résultat : baisse de 30 % des connexions nocturnes, mais aussi des plaintes pour manque de flexibilité.


Alternatives à la suppression pure des accès

Plutôt qu’une coupure brutale, les entreprises peuvent opter pour des solutions progressives et adaptées :

1. Restrictions par rôles et horaires

  • Accès différenciés :
  • Cadre dirigeants : Accès 24/7 (avec clause de modération).
  • Salariés standard : Accès limité à 18h-8h (sauf exception).
  • Alertes automatiques :
  • Message type : « Vous êtes hors horaire de travail. Cette action sera enregistrée pour audit. »

2. Outils de déconnexion « soft »

  • Mode « Ne pas déranger » sur Teams/Slack après 18h.
  • Désactivation des notifications push (sans bloquer l’accès).
  • Redirection des emails vers une boîte générique en dehors des horaires.

3. Charte interne et formation

  • Engagement écrit des managers à ne pas solliciter les équipes hors horaires.
  • Ateliers sur la gestion du temps pour éviter le présentielisme numérique.

4. Solutions techniques hybrides

  • VPN avec plage horaire (ex. : accès possible mais logged).
  • Double authentification renforcée après 18h (pour décourager les connexions non urgentes).

Cas pratiques : comment les entreprises gèrent-elles ce droit ?

Entreprise Mesure appliquée Résultats
L’Oréal Blocage des emails après 19h (sauf urgences) ✅ Baisse du stress, mais ⚠ retards sur certains projets internationaux.
Orange Charte interne + formations managers ✅ Meilleure adherence, mais ⚠ difficile à contrôler.
Startups Tech Accès 24/7, mais prime « déconnexion » ✅ Flexibilité préservée, mais ⚠ risque de surmenage.
Hôpitaux publics Exemption totale (continuité des soins) ❌ Pas applicable, mais rotations strictes pour éviter l’épuisement.

Que dit la jurisprudence ?

À ce jour, aucune décision de justice n’impose la suppression des accès serveurs. Cependant, plusieurs affaires ont fait jurisprudence sur le non-respect du droit à la déconnexion :
2019 (Cour de cassation) : Un salarié a obtenu 12 000 € de dommages pour avoir été licencié après avoir refusé de répondre à des emails le week-end.
2022 (Tribunal de Nantes) : Une entreprise condamnée pour harcèlement numérique après des sollicitations répétées après 20h.

À retenir :
Même sans blocage technique, une entreprise peut être sanctionnée si elle tolère ou encourage le travail hors horaires.


Recommandations pour les entreprises

Pour les RH et la direction

Audit des pratiques : Identifier les services où la déconnexion est critique (ex. : support IT) vs. non essentielle (ex. : marketing).
Négociation collective : Impliquer les syndicats et les représentants du personnel pour éviter les conflits.
Test en mode pilote : Expérimenter la coupure sur un groupe volontaire avant généralisation.

Pour les DSI et les équipes IT

Solutions techniques graduelles :
Journalisation des connexions pour identifier les abus.
Restrictions par IP/geolocalisation (ex. : blocage si connexion depuis un pays en dehors des fuseaux autorisés).
Sécurité renforcée :
MFA obligatoire pour les accès nocturnes.
Alertes en cas de tentative de connexion suspecte.

Pour les salariés

Utiliser les outils officiels (éviter les contournements via emails perso).
Signaler les abus via les canaux RH dédiés.
Profiter des formations sur la gestion du temps et la déconnexion.


Perspectives : vers un droit à la déconnexion totale en Europe ?

La Commission européenne planche sur une directive renforçant le droit à la déconnexion, avec :
Obligation de coupure technique pour certains secteurs.
Sanctions pour les entreprises non conformes (amendes jusqu’à 4 % du CA mondial, comme pour le RGPD).
Harmonisation des règles entre États membres.

À surveiller :
2025 : Possible adoption de la directive.
2026-2027 : Transposition dans le droit français.


Ressources utiles


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