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Pourquoi la « slow-communication » passe par l’objet durable ?

Introduction : La lenteur comme acte de résistance dans un monde accéléré

Dans une ère dominée par l’instantanéité des réseaux sociaux, l’obsolescence programmée des biens de consommation et la sursollicitation informationnelle, la slow-communication émerge comme une réponse subversive. Ce concept, inspiré des mouvements slow food ou slow fashion, prône une communication délibérément ralentie, réfléchie et ancrée dans des supports tangibles. Parmi ces supports, l’objet durable – qu’il soit artisanal, recyclé, ou conçu pour traverser le temps – joue un rôle central.

Mais pourquoi associer la lenteur communicationnelle à la durabilité matérielle ? Parce que l’objet durable incarne une temporalité alternative : il résiste à l’éphémère, porte une histoire, et crée un lien émotionnel qui transcende le flux continu des messages numériques. Dans le cadre des luttes pour les droits des femmes, où la visibilité et la pérennité des discours sont cruciales, cette approche prend une dimension particulière.

Ce texte explore comment les objets durables – des goodies engagés aux œuvres d’art militantes – deviennent des vecteurs de slow-communication, permettant de diffuser des messages féministes avec profondeur, intention et résilience. Nous analyserons :
1. Le paradoxe de la communication féministe à l’ère du numérique : pourquoi l’hypervisibilité ne suffit pas.
2. L’objet durable comme média de résistance : comment il incarne et transmet des valeurs sur le long terme.
3. Des exemples concrets : goodies, livres, vêtements, et autres supports qui font perdurer les combats.
4. L’impact psychologique et social : comment la matérialité renforce l’engagement.
5. Vers une économie féministe de l’attention : repenser la consommation militante.


1. Le paradoxe de la communication féministe à l’ère du numérique : l’éphémère contre la mémoire

1.1. L’illusion de la visibilité instantanée

Les réseaux sociaux ont démocratisé l’accès à la parole féministe. Un hashtag comme #MeToo ou #8Mars peut mobiliser des millions de personnes en quelques heures. Pourtant, cette visibilité est souvent éphémère :
Algorithmes et oublis : Les plateformes privilégient le contenu récent, enterrant les publications passées.
Saturation de l’information : Dans un flux continu, les messages militants se noient parmi les trends du moment.
Détournement et récupération : Les discours féministes sont parfois vidés de leur sens (ex. : le femwashing par les marques).

Exemple : En 2017, #MeToo a dominé les conversations mondiales. Cinq ans plus tard, combien de ces posts sont encore accessibles ? Combien ont vraiment changé les structures de pouvoir ?

1.2. La nécessité d’une mémoire longue

Les luttes pour les droits des femmes s’inscrivent dans une histoire séculaire :
Les suffragettes utilisaient des broches, des bannières et des journaux imprimés.
Les féministes des années 1970 publiaient des fanzines et organisaient des ateliers d’autonomie.
Aujourd’hui, les archives numériques sont fragiles (suppressions de comptes, changements d’algorithmes).

L’objet durable comble ce vide : un livre, un vêtement brodé, une affiche sérigraphiée persistent au-delà des tendances. Ils deviennent des artefacts de la mémoire collective.


2. L’objet durable comme média de résistance : quand la matière porte le message

2.1. Définition : qu’est-ce qu’un objet durable dans une perspective féministe ?

Un objet durable n’est pas seulement écologique (bien que ce soit un critère important). Dans une logique de slow-communication, il doit aussi être :
Pérenne : Conçu pour durer (matériaux nobles, réparable, intemporel).
Porteur de sens : Son design, son histoire ou son usage renvoient à une cause.
Engagé : Fabriqué dans des conditions éthiques (commerce équitable, ateliers féministes, etc.).
Transmissible : Il peut circuler entre les générations (ex. : un livre annoté, une écharpe tricotée par une militante).

Exemples :
– Un tote bag en coton bio imprimé avec un slogan de Simone de Beauvoir (goodies).
– Un livre d’art sur les femmes scientifiques, édité en papier recyclé.
– Une bague gravée du symbole ☀️ (emprunté au mouvement Women’s Strike).

2.2. Pourquoi la matérialité renforce l’impact du message

a) L’effet de tangibilité

Les neurosciences montrent que le toucher active la mémoire émotionnelle. Un objet tenu en main :
Ancrage mnésique : On se souvient mieux d’un message imprimé sur un mug que d’un tweet lu en scrollant.
Engagement sensoriel : Le poids, la texture, l’odeur (ex. : un livre ancien) créent une expérience immersive.

Étude de cas : Les zines féministes des années 1990 (comme Bitch ou Riot Grrrl) étaient souvent photocopiés à la main, avec des collages et des dessins. Leur aspect artisanal renforçait leur caractère subversif.

b) La résistance à l’obsolescence symbolique

Les objets durables défient la logique capitaliste de la consommation jetable :
Un pin’s « The Future is Female » porté pendant 20 ans devient un symbole de persévérance.
Un pull tricoté par une grand-mère féministe transmet une histoire familiale de lutte.

Contre-exemple : Les t-shirts à message imprimés en fast-fashion (type « Girl Power » vendu chez H&M) sont souvent jetés après quelques lavages, diluant leur portée militante.

c) L’objet comme preuve sociale

Posséder ou offrir un objet engagé signale une appartenance à une communauté :
Effet de tribu : Porter un bracelet #HeForShe montre un engagement visible.
Conversation starter : Un sac avec l’effigie de Angela Davis peut déclencher des échanges en dehors des bulles militantes.


3. Goodies, art et artefacts : une typologie des objets durables au service du féminisme

3.1. Les goodies militants : entre utilité et symbolique

Les goodies féministes transforment des objets du quotidien en supports de communication lente :

Objet Exemple Impact
Tote bag « Les droits des femmes sont des droits humains » Remplace un sac plastique, visible au quotidien.
Pin’s Symbole ☀️ (grève féministe) Petit mais hautement symbolique, portable partout.
Mug « Nevertheless, she persisted » Ritualise la pause café en acte militant.
Carte postale Portraits de femmes scientifiques Envoi postal = ralentissement délibéré.
Stickers « Payez-moi comme un homme » Personnalisation d’objets (ordinateur, carnet).

Pourquoi ça marche :
Accessibilité : Prix abordable, diffusion large.
Quotidienneté : Le message s’inscrit dans les routines.
Collecte : Certains deviennent des objets de collection (ex. : les pins des Women’s Marches).

3.2. Le livre : l’archétype de la slow-communication

Le livre reste le média le plus durable pour transmettre des idées féministes :
Exemples marquants :
Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir (1949) – toujours réédité.
Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Adichie – format poche, facile à partager.
Les Culottées de Pénélope Bagieu – BD accessible et intemporelle.
Avantages :
Pérennité : Un livre peut traverser les décennies.
Profondeur : Permet une réflexion plus longue qu’un post Instagram.
Transmission : Se prête, s’annote, se légue.

Innovation : Certains éditeurs proposent des livres « à vie » (reliure ultra-résistante, papier indéchirable) pour les textes fondateurs.

3.3. La mode engagée : quand le vêtement devient manifeste

La slow fashion féministe utilise le vêtement comme support de narration :
Marques emblématiques :
Eileen Fisher (mode éthique et intemporelle).
Veja (collaboration avec des collectifs de femmes brésiliennes).
Les Ateliers de Paris (formations pour femmes en réinsertion).
Techniques durables :
Broderie militante (ex. : robes avec des citations de Audre Lorde).
Upcycling : Créer des pièces uniques à partir de vêtements usagés.
Teintures naturelles : Liens avec l’écoféminisme.

Exemple : La robe « Dress for Our Time » de Helen Storey, faite de tissus recyclés et imprimée avec des données sur le changement climatique, portée par des militantes lors de sommets internationaux.

3.4. L’art et les objets d’exception

Certains objets dépassent l’utilitaire pour devenir des œuvres militantes :
Affiches :
– Les posters de Shepard Fairey pour les Women’s Marches.
– Les sérigraphies de Guerrilla Girls (« Do women have to be naked to get into the Met Museum? »).
Sculptures et installations :
« The Dinner Party » de Judy Chicago (1979) – une table en céramique célébrant 39 femmes historiques.
– Les yarn bombings (tricot urbain) pour dénoncer les violences faites aux femmes.
Bijoux :
– Les colliers « Votes for Women » des suffragettes (perles violettes, blanches, vertes).
– Les bagues « Sisterhood is Powerful » en argent recyclé.

Pourquoi l’art ? Parce qu’il défie le temps : une œuvre exposée dans un musée ou une galerie reste accessible bien après que les hashtags soient tombés dans l’oubli.


4. L’impact psychologique et social : comment les objets durables transforment les mentalités

4.1. L’effet de possession et d’appropriation

Posséder un objet engagé renforce l’identité militante :
Théorie de l’extended self (Belk, 1988) : Nos biens définissent qui nous sommes.
Exemple : Une femme portant un t-shirt « Feminist AF » se sentira plus légitime pour parler de parité au travail.

Étude : Une recherche de l’Université du Michigan (2020) montre que les personnes possédant des objets liés à une cause s’engagent 30% plus dans des actions concrètes (dons, manifestations).

4.2. La création de rituels

Les objets durables structurent des moments de militantisme :
Exemples :
– Boire son café dans un mug « Smash the Patriarchy » chaque matin = ritualisation de l’engagement.
– Offrir un livre féministe à une amie pour son anniversaire = acte de sororité matérialisé.
– Porter un bijou hérité d’une militante = connexion avec l’histoire des luttes.

Cas d’école : Les Red Stockings des années 1970 organisaient des « consciousness-raising groups » autour d’objets symboliques (une bougie, un miroir) pour discuter de leur oppression.

4.3. La résistance à la désensibilisation

Dans un monde saturé d’images choc (violences, inégalités), l’objet durable recrée de l’émotion :
Exemple : Une exposition itinérante de robes de mariées tachées de rouge (symbolisant les féminicides) a plus d’impact qu’un article en ligne.
Mécanisme : La présence physique de l’objet force une confrontation avec la réalité.

Citation :

« Un écran, on peut le fermer. Un objet dans votre maison, vous devez le regarder, le toucher, vivre avec. Il vous rappelle chaque jour que la lutte continue. »
Lola Olufemi, autrice et militante féministe.


5. Vers une économie féministe de l’attention : repenser la consommation militante

5.1. Le problème de la « militantise » consumériste

Certaines marques exploitent les causes féministes sans engagement réel (femwashing) :
Exemples :
– Un t-shirt « Girl Power » fabriqué dans des sweatshops.
– Une campagne #8Mars par une entreprise qui ne paie pas ses employées à égalité.

Solution : La slow-communication exige une consommation lente et informée :
Critères pour choisir un objet durable :
1. Origine éthique : Qui l’a fabriqué ? Dans quelles conditions ?
2. Matériaux : Recyclé, bio, local ?
3. Message : Est-il profond ou juste un slogan marketing ?
4. Durabilité : Peut-il être réparé, réutilisé, transmis ?

5.2. Les alternatives : circuits courts et DIY

Pour éviter la récupération capitaliste, les féministes se tournent vers :
L’autoproduction :
– Ateliers de sérigraphie, couture, céramique.
– Exemple : Les craftivistes (mouvement mêlant artisanat et activisme).
Les circuits solidaires :
– Achat auprès de coopératives de femmes (ex. : goodies collaborant avec des artisanes).
– Plateformes comme Etsy pour soutenir des créatrices indépendantes.

5.3. L’objet durable comme outil de financement des luttes

Certains objets servent à lever des fonds pour des associations :
Exemples :
– La vente de tote bags par Osez le Féminisme pour financer des actions juridiques.
– Les NFT féministes (ex. : « The First Supper » de Judy Chicago en version numérique) reversant des fonds à des refuges pour femmes.

Modèle économique :

Objet Prix Bénéfice reversé Cause soutenue
Pin’s « 8 Mars » 10€ 5€ Planning familial
Livre Sorcières 20€ 2€ Éducation des filles (UNICEF)

Conclusion : La lenteur comme acte révolutionnaire

La slow-communication par l’objet durable n’est pas un retour en arrière, mais une stratégie de résistance dans un monde où l’attention est une ressource rare. Pour les mouvements féministes, elle offre :
1. Une mémoire longue : Contre l’oubli algorithmique.
2. Une profondeur d’engagement : Contre le militantisme de surface.
3. Une économie alternative : Contre l’exploitation capitaliste des luttes.

L’objet durable devient ainsi un manifeste matériel :
– Il défie l’obsolescence (des biens comme des idées).
– Il créé du lien (entre générations, entre militantes).
– Il force à ralentir (pour réfléchir, pour agir).

Appel à l’action :
La prochaine fois que vous voudrez soutenir une cause, plutôt qu’un like ou un partage éphémère, choisissez un objet qui durera. Un livre, un vêtement, un bijou, un goodie engagé. Parce que les droits des femmes ne se gagnent pas en 24h, mais en transmettant la flamme, génération après génération.


Ressources complémentaires :
Slow Media (Jennifer Rauch) – Pour une critique de l’accélération médiatique.
The Life-Changing Magic of Not Giving a Fck (Sarah Knight) – Sur le minimalisme engagé.
Craftivism* (Betsy Greer) – L’artisanat comme outil de changement social.
goodies – Pour des objets militants et durables.

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